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La décroissance où le chemin vers le bon sens

Il y a pas mal de temps que je m’intéresse à la décroissance. L’idée de base de ce « mouvement » est de vivre avec le moins possible, en polluant le moins possible. Il y a donc une base écolo mais aussi une logique anti – consommation à tout va. Je préfère le terme de simplicité volontaire, qui est à mon avis moins « réducteur » que celui de décroissance.

Revenons un peu en arrière.En 2005, je suis enceinte de mon premier enfant. Ma grossesse est un peu difficile. Jusque là, j’ai été une fille très dépensière, il faut bien l’avouer. Alors que je fais la queue à la poste pour aller chercher un paquet, je tombe sur un rayon de livres (oui, la poste suisse vend aussi des livres et de la papeterie, entre autres trucs). L’un d’entre eux attire mon attention: « l’art de la simplicité » de Dominique Loreau. La couverture est blanche, ornée seulement de la photo d’un calla blanc. Comme je viens d’être mise en arrêt de travail par mon gynécologue, j’achète le bouquin: j’aurais du temps pour lire.

Ce livre-là parle d’un retour à plus de simplicité: moins de consommation, plus de qualité, un style de vie épuré, une nutrition plus saine, une meilleure hygiène. C’est la droit ligne des principes du zen. Je suis bouleversée. Allez savoir si se sont les hormones de la grossesse, mais ce message-là trouve en moi une résonance très particulière. Je jette beaucoup de choses – aussi en prévision du déménagement que nous allons faire juste avant mon accouchement – à la grande mauvaise surprise de Monsieur Mari.

J’ai pourtant l’occasion de me rendre compte que le « tout dépouillé », ce n’est vraiment pas pour moi. J’ai pu l’expérimenter deux fois: durant le déménagement dont je parle avant (j’étais très en avance pour finir les cartons) et durant le chantier qui a démarré la rénovation de notre maison. Vivre sans décoration, ça me déprime. J’ai besoin de mes petits tableaux, de certains bibelots qui me sont chers. J’ai trié tout de même, ne conservant que ce que j’aime vraiment. Pour le reste, je « bricole » beaucoup. Nous avons une petite maison, mais grande en rapport avec les appartements dans lesquels nous avons vécu. Je manque parfois de matériel, surtout pour la décoration extérieure qui est pour moi aussi importante que celle du dedans. Alors je bricole: je prends quelques épis de maïs dans les champs environnants pour en garnir mes volets, je bricole des paravents de branches pour décorer la façade de la cabane au fond du jardin.

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Je ne vis pas encore dans les arbres… pourtant, ça pourrait être chouette!

Il y a aussi les enfants qui sont partie prenante dans la déco. Comprenez par là qu’il me faut éviter les choses qui se cassent ou qui sont trop fragiles. C’est ainsi que j’ai une base de décoration en bois ou en matériaux robustes. J’aimais disposer des lampions ou des photophores par terre, j’ai dû y renoncer pour des questions de sécurité.

Tous ces facteurs ont donné lieu à une décoration plus simple mais aussi plus chaleureuse. Dans le reste du quotidien aussi, j’essaie de minimiser les achats (avec la rénovation qui est encore en cours, l’argent part plus facilement dans des articles qui y sont destinés plutôt que dans des babioles).  Je bricole des cabanes en carton pour les garçons, je customise mes vêtements quand ils me sortent par les yeux parce que je les ai trop portés, j’essaie de composer des menus simples et équilibrés, en essayant d’utiliser ou d’avoir le moins de restes. Je réfléchis à la nécessité ou non de faire un achat. Je suis donc loin d’être une écolo pure et dure, loin de vivre en autarcie et de ne rien consommer. Mais je me dis qu’une consommation plus raisonnable, c’est peu mais déjà pas si mal.

Il me semble aussi important de mentionner que tendre vers une vie plus simple (en tout cas avec moins de consommation) n’est pas nécessairement une vie triste. J’ai remarqué – surtout depuis que nous avons une maison et que je ne peux plus forcément dépenser autant dans la déco ou dans les vêtements / mes deux passions – qu’avoir moins me pousse à être plus créative, à essayer d’utiliser ce que j’ai sous la main. Ce qui était une nécessité parfois est finalement devenu un jeu: que pourrais-je bien faire avec telle ou telle chose que j’ai dans mon placard? Je voudrais avoir tel objet, pourrais-je le réaliser avec ce que j’ai sous la main? Cela donne lieu à une pensée très créative que je trouve très enrichissante.


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